Karim Amellal

Archive for the ‘Politique’ Category

In France’s suburban ghettos, a struggle to be heard amid election noise

In Banlieues, Dans les médias, Inégalités, Politique on 29 mai 2012 at 7 h 04 min

By Robert Marquand, Christian Science Monitor | 05/02/12

Inside the French suburbs, referred to here as « zones of banishment » or « the lost territories of France, » the 2012 presidential elections seemed like a good time to wake up the nation.

In a small office in the suburb of Clichy-sous-Bois, a group of mostly Arab and African 20-somethings hit on an idea: Create a « crisis ministry of the suburbs. » It would address France’s ignorance about the 731 areas ringing the country’s biggest cities, known officially as « urban sensitive zones, » where most of France’s non-European minorities live. Geographically, they are suburbs, but socioeconomically, they resemble the US inner city. Lire la suite »

Rompre l’abandon : pour une politique d’égalité réelle

In Banlieues, Discriminations, Inégalités, Politique on 13 mai 2012 at 10 h 38 min

Article publié dans le Huffington Post dimanche 13 mai 2012.

Les quartiers sensibles, aussi appelés « populaires » pour souligner la forte représentation des personnes les plus modestes, ou les moins bien dotées, parmi la population, ont le 6 mai massivement voté pour François Hollande:Saint-Denis à 77,78%, Les Mureaux à 70,47%, Mantes-la-Jolie 67,05 et jusqu’à 89,04% au Val-Fourré. Cette mobilisation importante traduit cependant moins un vote d’adhésion en faveur du candidat socialiste et de son programme qu’un vote sanction contre le président sortant. Au lendemain de l’élection présidentielle, c’est donc une forme d’attentisme mâtinée d’espérance qui domine dans les quartiers populaires.

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L’immigration ne coûte rien, elle rapporte !

In Immigration / intégration, Politique on 30 avril 2012 at 10 h 41 min

Article publié sur le huffingtonpost.fr le 1er mai 2012.

La semaine dernière (23/04), la Bundesbank a indiqué dans son rapport annuel qu’il faudrait dans les prochaines années environ 200 000 immigrés de plus par an pour palier son déclin démographique et stimuler la croissance économique. Autant dire que cette annonce résonne chez nous comme une provocation tant nos débats sur l’immigration sont depuis bien longtemps structurés par l’idée d’une immigration forcément massive, menaçante et dangereuse qui, en ces temps de braconnage électoral sur les terres du Front national, a plus que jamais le vent en poupe. Une obsession, alors : comment réduire cette immigration que beaucoup perçoivent comme un fardeau que notre pays porte sur ses frêles épaules ? Fin 2011 par exemple, une majorité de Français (54%) pensaient que l’immigration avait un impact négatif sur le pays.

Ce totem du « coût » de l’immigration, il faut le renverser une fois pour toutes. Notre pays a besoin de l’immigration, non seulement parce que de Marie Curie à l’académicienne Assia Djebbar, elle enrichit nos arts, nos sciences et notre langue (et pas que notre sport !) et contribue au rayonnement de la France dans le monde, mais aussi (surtout ?) parce qu’économiquement elle est très rentable. Lire la suite »

« Sarkozy va chercher les voix du FN »

In Algérie, Politique on 25 avril 2012 at 13 h 18 min

Interview parue dans El Watan du 25 avril 2012

Pour l’auteur de Discriminez-moi et fondateur de Stand Alone Média, le second tour est joué en faveur du candidat socialiste. Il restera au président sortant d’aller braconner sur le terrain de l’extrême droite, au risque de voir son parti, l’UMP, éclater lors des législatives.

-Quels enseignements tirez-vous des résultats du premier tour ?

Il y a, à mon avis, quatre enseignements : la participation très importante des électeurs pour ce premier tour indique, une fois encore, que l’élection présidentielle mobilise massivement les citoyens et demeure l’élection phare et le grand rendez-vous des Français avec leur démocratie. Ensuite, le très haut score de Marine Le Pen, bien sûr, qui, avec près de 18%, atteint un record historique (6 millions d’électeurs ont voté pour elle). Ce score traduit autant la très bonne campagne de Marine Le Pen que le succès de sa tactique, paradoxale, de dé-Lepénisation, que l’ampleur, désormais, hélas habituelle, du rejet des candidats dits «du système» et en particulier, bien sûr, du président sortant. Lire la suite »

Les musulmans contre Nicolas Sarkozy ?

In Immigration / intégration, Politique on 24 avril 2012 at 13 h 27 min

Interview à l’AFP du 24/04/2011

Les musulmans, majoritairement installés dans les quartiers populaires où le taux d’abstention est très élevé, ont sanctionné Nicolas Sarkozy qui, après les avoir attirés en 2007, les a déçus en courtisant l’électorat du Front National sur le thème de l’immigration.

En Seine-Saint-Denis, département qui abrite le plus grand nombre de musulmans, le président sortant a dégringolé, passant de 26,85% au 1er tour en 2007 à 19,48% en 2012.

Raphaël Liogier, professeur de sociologie à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, a observé une « variable musulmane dans les quartiers nord » de Marseille. « Il a pu y avoir à un moment donné un vote musulman en faveur de Sarkozy mais avec ce qui s’est passé au sein même de l’UMP, et notamment les sorties de Guaino, ce n’était plus possible », selon lui.

Ancrés socialement à gauche, les musulmans, pratiquants notamment, sont plus proches pourtant des partis conservateurs, observent Samir Amghar, sociologue qui vient de publier « Le salafisme aujourd’hui », et Karim Amellal, maître de conférence à Siences Po Paris, auteur de « Discriminez-moi ». Lire la suite »

Après les résultats du 1er tour : le paradoxe de la stratégie Buisson

In Politique on 23 avril 2012 at 21 h 15 min

L’un des paradoxes qui émergent des résultats du premier tour pour le chef de l’Etat c’est qu’en sanctionnant sa « stratégie Buisson », ils la renforcent pour le second tour.

Voilà en effet à peu près deux ans, depuis en gros que Nicolas Sarkozy a décidé de se représenter à l’élection présidentielle, que le chef de l’Etat applique rigoureusement les consignes de son conseiller Patrick Buisson : séduire par un discours sur les valeurs les électeurs du Front national au premier tour, puis se recentrer entre les deux tours.

Cette stratégie avait un objectif majeur : palier la défection de tous les déçus du sarkozysme par le ralliement de la droite dure et d’une partie de l’extrême droite, selon le vieux principe des vases communiquant. Mais voilà : les vases n’ont pas communiqué ! Tout l’arsenal de déclarations et de mesures sur l’identité nationale, l’islam menaçant, l’immigration massive et l’échec de l’intégration que le chef de l’Etat et ses sbires ont conçues et martelées depuis 2009 et plus fort encore depuis le discours de Grenoble n’ont fait que confirmer la vieille antienne de Jean-Marie Le Pen répétée depuis le début des années 90 à l’attention des responsables de la droite républicaine tentés par la conquête des voix frontistes : une fois encore les électeurs de Marine Le Pen ont préféré l’original à la copie. Lire la suite »

Les « quartiers sensibles » : combien de divisions ?

In Banlieues, Inégalités, Politique on 2 avril 2012 at 18 h 18 min

Le poids électoral des « zones urbaines sensibles »

Jeudi dernier se tenait au Sénat un colloque organisé par l’Institut Montaigne et l’association « Ville et banlieue » sur la place des banlieues dans la République (titre – approximatif – du rapport écrit par l’équipe de Gilles Kepel pour Montaigne). Maires de gauche et de droite se sont succédés à la tribune pour déplorer que les banlieues ne soient pas plus présentes, ni dans le projet du PS ni dans celui – invisible à ce stade – de l’UMP. Et tandis que s’achève l’Acte I de la rénovation urbaine mise en œuvre par Jean-Louis Borloo, beaucoup d’élus de villes situées en banlieue réclament un deuxième Acte, à hauteur de quelques dizaines de milliards, pour poursuivre le programme de destruction d’immeubles insalubres et de construction de logements sociaux.

Cette invisibilité de la banlieue et en particulier de ce que l’on appelle les « quartiers sensibles »  – par référence aux 751 zones urbaines sensibles que cible en priorité la politique de la ville – dans la campagne pose la question de leur poids électoral et des préférences partisanes des électeurs qui y résident.

Le poids électoral, d’abord. Aujourd’hui, le « vote ZUS » est difficile à évaluer. Selon l’INSEE, les ZUS comptent près de 4,5 millions d’habitants, ce qui représente à peu près 7% de la population nationale. En volume, ce n’est pas négligeable. Mais sur ces 4,5 millions d’habitants, combien d’électeurs ? Par manque d’études statistiques suffisamment affinées, on ne le sait pas vraiment. Hasardons nous à un petit calcul : si l’on considère que dans ces ZUS 1 habitant sur 3 a moins de 20 ans, cela nous donne un électorat d’environ 3 millions de personnes en âge de voter. Problème : sur ces 3 millions, il y a une forte proportion d’étrangers qu’il faut donc soustraire. On estime que les étrangers représentent à peu près 18% du total des habitants de ZUS, soit 540 000 personnes qu’il faut à nouveau déduire. A la louche, les ZUS engloberaient donc 2,5 millions d’électeurs potentiels. Sur 45 millions d’électeurs au total, le vote ZUS pèserait donc environ 6% des voix. Mais nouveau problème : tout cela est théorique ! Car en pratique, pour voter, il faut être inscrit sur une liste électorale. Hélas, dans les ZUS, les inscrits seraient d’après plusieurs études 25% de moins… Nous verrons en 2012 mais si les campagnes en faveur de l’inscription sur les listes électorales ne produisent pas les résultats escomptés, cela pourrait substantiellement réduire cet électorat et le ramener au-dessous de 2 millions. Autre problème, fondamental : celui de l’abstention. Car les électeurs vivant en ZUS se caractérisent par des taux d’abstention très au-dessus de la moyenne nationale à toutes les élections. L’élection présidentielle ne fait pas exception. : En 2007 par exemple, en dépit des fortes campagnes de mobilisation, l’abstention s’est située autour de 20% aux deux tours (contre 36 et 26% respectivement aux 1er et 2nd tour en 2002).

Mettons de côté l’abstention et concentrons-nous sur ces 2,5 millions d’électeurs théoriques qui forment le bataillon électoral des ZUS, soit 6% du corps électoral national. Pour qui votent-ils ?

La réponse est claire : cette partie-là des « catégories populaires » vote massivement pour la gauche. En 2007, Ségolène Royal y a réalisé quelques-uns de ses meilleurs scores et, en moyenne, plus de 42% au 1er tour contre 29% pour le reste de la France. Au second tour, les ZUS ont voté à 62% pour elle contre 47% pour le reste de la France. Si l’on additionne les votes exprimés en faveur de la gauche et de l’extrême gauche au 1er tour des scrutins de 2002 et de 2007, on observe une stabilité remarquable de l’électorat : 56% en 2002 (contre 43% pour le reste de la France) et 51% en 2007 (contre 36% pour le reste de la France). Contrairement à une idée reçue, le vote du Front national dans ces « quartiers sensibles » est – lui aussi – très stable et se maintient à un niveau relativement bas : 10% environ en 2002 et en 2007 (sources : voir cette étude). Quant à la droite républicaine, elle est passée de 38% au second tour de la présidentielle de 2002 à 51% en 2007 pour Nicolas Sarkozy, signe de l’indiscutable succès de son discours– à l’époque – très volontariste sur le terrain de la discrimination positive et de la défense des minorités.

Car – et c’est l’une des leçons de 2007 – les électeurs issus de l’immigration  constituent la clé de ce « vote ZUS » : surreprésentés dans ces quartiers, ils sont plutôt a priori enclins à accorder leur scrutin à la gauche, par sympathie historique, mais ils n’hésitent pas à voter pour un candidat de droite si celui-ci est perçu comme étant plus favorable à leurs préoccupations.

Or pour conserver cet électorat qui est désormais loin d’être acquis, François Hollande DOIT parler à ces électeurs. Mais encore faut-il juger que c’est tactiquement opportun…

Combattre les inégalités : un choix politique !

In Inégalités, Politique on 1 avril 2012 at 19 h 45 min

(Dessin de Plantu)

Les inégalités se creusent.

Dans une étude de 2010, l’INSEE relevait que les inégalités entre les plus riches et les plus modestes s’étaient creusées fortement de 2004 à 2007 en frappant davantage les personnes les plus fragiles : familles monoparentales, immigrés et chômeurs. La pauvreté en France (seuil de pauvreté = niveau de vie < à 908 € / mois) concerne pas moins de 8 millions de personnes (soit 13% de la population). C’est considérable. Le risque de devenir pauvre est près de 5 fois plus élevé si l’on est au chômage et le 1/3 des personnes appartenant à un ménage immigré vit sous le seuil de pauvreté.

Dans le même temps, les revenus des plus riches se sont envolés : entre 2004 et 2008, les 0,01 % les plus riches ont vu leur revenu annuel s’accroître de… 180 400 euros, ce qui représente une hausse de 33% !!

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