Karim Amellal

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« Silou est en prison. On dit que c’est un terroriste, un cousin de Ben Laden. Lui ne sait pas ce qu’il est. Il sait juste qu’il a fait un truc de mal. Sa psy lui a dit de raconter sa vie parce que ça lui ferait du bien. Alors il raconte. Comment il a grandi et comment il s’est retrouvé là après une condamnation en assises pour « actes terroristes ». C’est l’histoire d’un « jeune des quartiers », d’un gosse d’une cité avec une moitié de mère et une grosse faiblesse pour le shit. Quand il a quitté l’école, parce qu’il ne comprenait pas à quoi elle servait, il a fait quelques petits coups. Que des mauvais. D’ailleurs, lui-même doit être un mauvais coup puisque aucune fille n’a jamais voulu de lui Les filles n’aiment pas les mecs qui n’ont pas de thunes et pas les yeux bleus. D’ailleurs Nadia, sa « princesse des étoiles », celle qui habite dans la tour d’en face, elle ne le regarde pas. Alors la came a attrapé Silou par l’épaule. Il a enfin vu à quoi ressemblaient les étoiles. Puis il y a eu la descente… Heureusement il y a des mecs qui sont venus le chercher. Ils l’avaient repéré. Ils le respectaient et lui ont promis un autre paradis s’il acceptait de les aider. Alors, bien sûr, il a accepté. Il avait pas des masses d’autres propositions. Les mecs l’ont embarqué dans leur combine, puis il y a eu un braquage, une bombe, des morts. Il n’a rien vu venir. C’est comme ça qu’il est devenu terroriste. » (Karim Amellal, 4ème de couverture)

 
Je m’agrippe au balcon, fixe la rue, aspire le vide, scrute le noir et rêve de m’y plonger. Tout le quartier est enfoncé dans l’obscurité : l’éclairage ne fonctionne plus depuis plusieurs jours. Mes mains serrent la rambarde, je m’avance un peu et me penche dans le vide. La ville se répand sous mes pieds. Elle se tait, aux aguets. Une légère brise me caresse le visage, s’insinue dans mes yeux, mes narines, ma bouche grande ouverte. (…)

La correction, éditions StoryLab.

 

 

 

 

 

 

 

Cet essai est un cri du cœur, un cri d’amour, un cri d’effroi. Entre discriminations raciales et ségrégations sociales, les « minorités » n’ont pas fini de payer le prix de leur différence. De cette indignation naît une réflexion originale et documentée sur l’intégration « à la française ». En suivant le fil rouge des débats autour de la discrimination positive, loin des raccourcis partisans et des stéréotypes réducteurs, ce livre pénètre au vif de ces blessures de notre société qui nous font plus que jamais souffrir et tiennent nos gouvernants en échec égalité des chances, multiculturalisme, place de l’islam, défaite de l’école, situation des banlieues. Parce qu’il n’est plus temps de se contenter de vaines incantations et de lamentations creuses, ces pages nous plongent au cœur des débats qui passionnent le paysage politique.

 

 

 

Ces dix nouvelles écrites par des écrivains du collectif QUI FAIT LA FRANCE ? parlent toutes de la chair de notre pays, chair meurtrie d’un jeune tabassé dans un commissariat (Mohamed Razane), rêves incarcérés dans le décor de la cité (Mabrouck Rachedi), splendeurs et misères, surtout, des candidats quotidiens à l' » intégration  » (Khalid El Bahji, Habiba Mahany), mirage mercantile tel que vu par un Africain (Dembo Goumane), puis l’envie, forcément, de fuite, d’évasion et de refuge dans les pays oniriques (Jean-Eric Boulin), le mythe du retour (Thomté Ryam), les virtualités mythomanes (Faïza Guène) ou l’oubli impossible de la souffrance (Karim Amellal), hors de soi-même en tout cas (Samir Ouazene). Reflétant cette France invisible bien que majoritaire, loin des clichés qui la griment et la blessent, ces nouvelles  » ordinaires et extraordinaires  » veulent en même temps lui donner un peu de sens et de poésie.

Tous les droits des auteurs de ce livre sont reversés à l’association Qui fait la France.

 

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